2012, on y est ! Après une interruption post Coupe du Monde bien méritée :-) , le blog reprend du service et je souhaite à tous les amoureux du rugby une très belle année sur et en dehors des terrains.

Après une année 2011 exceptionnelle pour le rugby, avec notamment une magnifique Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, le rugby repart sur un nouveau cycle en 2012, avec la perspective de la prochaine Coupe du Monde, un Top 14 qui ne cesse de grandir et quelques chantiers pour rendre ce sport encore plus attractif.

Top 14 : attention à la crise de croissance

De retour en France après 18 mois au pays des kiwis, il m’a fallu remettre le nez dans les joutes du Top 14. Et il me semble que beaucoup de choses sont en train de changer et que le Top 14 n’est pas loin de la crise de croissance. Les symptômes sont simples : instabilités des directions et des entraîneurs, clubs historiques en danger, visions à court terme et transferts de plus en plus juteux. On savait que l’argent était en train d’affluer massivement dans le rugby mais on peut voir se dessiner aujourd’hui les contours de ce que sera le club performant des 5-10 prochaines années.

Mourad Boudjellal, président du RC Toulon

Mourad Boudjellal, président du RC Toulon a annoncé récemment vouloir monter "une armée" pour la saison 2012-2013. Bonne stratégie ?

Il me semble tout d’abord qu’une stabilité de la direction (couple président-manager) et des effectifs est un gage de bonne santé. Elle permet en outre aux investisseurs de s’engager sur la durée et de pérenniser les budgets sur le long terme. En ce sens, je trouve que le mécénat, qui s’accompagne souvent d’une direction d’un seul homme, n’est pas pérenne et souvent contre-productive pour les résultats sportifs. Et le loupé de la reprise du Stade Français et les turbulences à Bayonne en sont des exemples révélateurs. Ça fait rêver les supporters à qui on promet monts et merveilles mais cela s’accompagne aussi d’une logique court-termiste dangereuse. Et les clubs qui réussiront à moyen terme sont ceux qui mettront les hommes au service du club et non l’inverse. Ce n’est pas pour rien si les deux premiers du Top 14 sont encore Clermont et Toulouse.

Deuxièmement, les clubs doivent se doter d’installations (centre de formation, d’entraînement et stade) compatibles avec le haut-niveau. Et avec le JIFF (40% des effectifs issus de la formation) qui arrive la saison prochaine, c’est à mon avis aussi important que le recrutement et certains clubs sont malheureusement encore très en retard à ce niveau. Le rugby actuel se joue souvent sur des détails et la qualité des installations est primordiale pour travailler sereinement. Quand on voit le Stade Français s’entraîner à deux pas du périphérique dans une stade vétuste, on se croirait revenu 20 ans en arrière !

Enfin, il semble qu’avec sa démocratisation, le rugby s’implante de plus en plus dans les grandes agglomérations. Avec les revenus liés au merchandising et aux billets de matches, les clubs sont devenus des marques qui doivent monétiser leur renommée auprès du public. Et c’est plus facile de le faire dans une agglomération d’un million d’habitants qu’à Agen, Biarritz ou Bayonne. Lorsque les clubs sont soutenus par des politiques publiques volontaristes, ils peuvent s’inscrire aussi dans la durée. C’est le cas de Montpellier par exemple qui depuis sont retour dans l’élite n’a cessé de progresser. Le mouvement va dans ce sens et certains clubs “historiques” sont clairement menacés et devront s’adapter pour rester dans la course.

Equipe de France : le défi des générations

L’équipe de France entame en 2012 un nouveau cycle sous la houlette de Philippe Saint-André. J’aurais clairement préféré Fabien Galthié ou Guy Novès qui ont su imprimer leur patte dans leur club respectif et donner une vraie identité de jeu à leur équipe. C’est à mon sens ce qui manque à l’équipe de France car elle a prouvé lors de la dernière Coupe du monde qu’elle était au niveau en termes d’intensité et de collectif.

Saint-André s’avance sans pouvoir s’appuyer sur un réel héritage de Lièvremont en termes de jeu. Il devra à mon sens éviter le jeunisme post coupe du monde et construire un groupe homogène avec  les meilleurs joueurs du moment autour du capitaine Thierry Dusautoir. Car bien malin celui qui pourrait dire quels seront les meilleurs joueurs français disponibles en 2015 pour aller chercher le titre en Angleterre. Une équipe se construit par des victoires et ça commence dès cette année avec le tournoi des 6 nations et les tournées.

International : vers de nouvelles règles

A l’IRB, on planche déjà sur les futures propositions pour améliorer le jeu. Plusieurs changements de règles ont été ainsi évoqués sur les phases de maul ou de ruck. Mais c’est bien la mêlée qui fait débat dans le rugby moderne. Épreuve de force ancestrale et sacrée pour les uns, perte de temps et bouillie de rugby pour les autres, cette phase de jeu ne laisse pas indifférent. La coupe du monde a permis de souligner les carences des règles actuelles qui ne facilitent ni le travail des arbitres ni celui des premières lignes.

Personnellement il me semble qu’une simplification des commandements va dans le bon sens. Néanmoins je ne suis pas sûr qu’en se focalisant la-dessus (notamment en France) et en faisant une machine à obtenir des pénalités, on favorise un jeu complet et attractif pour le public. On nous rebat les oreilles avec le “no scrum, no win” mais la touche, les rucks, la défense, le jeu au pied sont au moins aussi important si ce n’est plus que la mêlée (remember France-Australie en novembre 2010). A noter aussi le bel article de Nice rugby à ce sujet.

On le voit l’année 2012 s’annonce chargée, avec son lot de surprises et d’émotions et on l’espère beaucoup de beau jeu et d’essais. De quoi ravir tous les passionnés de ballon ovale !

D’accord ? Pas d’accord ? Donner votre avis en commentant mon article :-) !

YB

Il n’a pas manqué grand chose. Juste un souffle, un drop ou une pénalité libérateurs. Certains parleront de l’arbitrage de Monsieur Joubert mais je crois qu’il ne faut pas se cacher derrière cela. La déception est grande pour tous les supporters de l’équipe de France  mais quoi que l’on dise, ce sont bien les All Blacks qui sont champions du monde.

Haka France Nouvelle-Zélande finale Coupe du Monde 2011

Les français défient le Haka des All Blacks avant la finale. Photo : Reuters NZ

Pendant 80 minutes, c’est une équipe de France extraordinaire de volonté et de courage qui a tenté de réaliser son rêve et de ravir la Coupe Webb Ellis aux hommes en noir. En vain. Les Bleus ont pourtant tout donné à l’image du capitaine Thierry Dusautoir, encore une fois exceptionnel, et de l’ensemble du pack tricolore. On leur a tellement reproché de choses (moi le premier) pendant cette Coupe du Monde pour ne pas souligner leur force de caractère, leur résilience vis à vis des critiques qu’ils ont subies. Marc Lièvremont a d’ailleurs salué la performance de ses joueurs : “ce soir le XV de France a été grand, immense même”. Et leur déception était aussi grande que leur performance du soir.

Mais ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait. Les Bleus ont fait taire une certaine presse néo-zélandaise de caniveau qui les avait enterrés un peu trop vite.

Ils ont surtout fait vibrer tous les supporters français présents à Auckland. Dans le Ponsonby bar où j’ai vu le match,  le QG des supporters frenchies depuis le début du mondial, tout le monde y a cru jusqu’au coup de sifflet final. Pendant tout le match, les “Allez les Bleus” et la Marseillaise ont été chantés à l’unisson.

Dès le haka le ton de la finale était donné et on se doutait que les Bleus vendraient chèrement leur peau. Un frisson a parcouru le bar lorsque les hommes du capitaine Dusautoir se sont regroupés en “V” puis ont avancé pour défier leurs adversaires. Un moment fort et hautement symbolique dont on se souviendra longtemps.

Pour les All Blacks et le peuple néo-zélandais, le coup de sifflet final fut une véritable libération. A la hauteur de la peur bleue qu’ils ont eue de voir s’échapper le trophée qui leur était promis. Auckland pouvait alors laisser éclater sa joie avec des dizaines de milliers de fans en liesse dans les rues. Les All Blacks sont à nouveau sur le toit du monde, 24 ans après leur premier sacre. Ils ont rendu tout un peuple heureux après une année marquée par les drames au pays du long nuage blanc. Et rien que pour cela ce sont de beaux champions.

YB

A trois jours de la finale de la Coupe du monde, il manque cruellement ce petit quelque chose pour créer l’excitation et l’engouement autour de ce France – Nouvelle-Zélande.  Un comble pour le match le plus attendu depuis quatre ans. Peut-être parce que pour une fois on parle de tout sauf du plus important : de rugby.

D’un côté, les néo-zélandais ont semble-t-il considéré que leur équipe n’avait qu’à pénétrer sur le terrain de l’Eden Park pour remporter le trophée. Et de l’autre, l’équipe de France donne toujours l’impression de chercher à se souder contre le reste du monde pour espérer gagner.

Une NZ Herald

La Une du Herald on Sunday avant le match NZ-Australie de dimanche dernier : "80 minutes et on rigole". Photos V. Pere-Lahaille

J’ai eu beau lire la presse néo-zélandaise et française cette semaine, je n’ai quasiment trouvé aucune trace d’un début d’analyse rugbystique à propos de la finale (j’exagère à peine). Il faut dire que la presse néo-zélandaise a décrété, à une ou deux exceptions près, que la finale ne valait pas la peine d’être jouée tellement les All Blacks étaient favoris. Alors on a eu droit au concert de quolibets et de mesquineries à propos du jeu de l’équipe de France et de sa qualification poussive en finale. A juste titre sur le fond, mais tellement arrogant sur la forme.

“La finale ? On l’a déjà jouée dimanche dernier, contre l’Australie !”  disent certains suporters. A croire que nos amis kiwis ont la mémoire courte. Car que ce soit en 1999 ou en 2007, l’équipe de France ne s’était pas particulièrement distinguée par ses performances avant pourtant de battre les All Blacks respectivement en demi-finale puis en quart de finale. Mais on nous jure que cette fois-ci ce n’est pas pareil et que les All Blacks ont retenu les leçons du passé. Et que cette équipe de France est beaucoup moins bien armée que ses deux glorieuses aînées.

Mouais… on ne m’empêchera pas de penser que les néo-zélandais nous font un petit complexe car la supériorité évidente (rugbystiquement parlant) des All Blacks aurait dû amené les commentateurs et les supporters à un peu plus de retenue. Retenue dont ont fait preuve les joueurs et le staff, sans pour autant jouer les faux modestes. C’est tout à leur honneur.

Il faut cependant reconnaître, à la décharge des commentateurs kiwis, que l’équipe de France n’a pas contribué non plus à ramener le débat sur le terrain du jeu. Loin s’en faut. Ça fait d’ailleurs longtemps que ce n’est plus sa préoccupation principale ni celle de journalistes qui traquent la polémique et l’engueulade à longueur de journée. Depuis que Lièvremont l’entraîneur a laissé place à Lièvremont le maître d’école. C’est à dire quelque part entre juin et novembre 2010.

Mais il aura au moins eu l’intelligence d’assumer ce rôle et d’activer d’autres ressorts que le rugby pur pour faire exister ce groupe. La colère, la honte, l’orgueil, la fierté. De quoi faire réagir des joueurs en panne d’idées sur le terrain. Ça a marché alors on continue sur cette lancée. On fait profil bas et on parle vie de groupe, solidarité. Et le petit jeu des conférences de presse de continuer à nous ennuyer entre questions mesquines et réponses blasées. La seule info plutôt sympa du côté des Bleus est venue cette semaine de Jo Maso. Le manager des Bleus a tenu, malgré un tirage au sort favorable pour déterminer l’équipe jouant à “domicile”, à ce que les All Blacks jouent en noir, en hommage à l’accueil et l’organisation irréprochable tout au long du tournoi. C’est là aussi, tout à son honneur.

Au final, c’est un drôle de sentiment qui règne avant cette finale. Il nous tarde à tous, optimistes ou pessimistes, supporters français ou néo-zélandais, d’être à dimanche soir. Car qui sait, après tant de méchanceté et de nombrilisme, cette finale pourrait très bien nous réconcilier avec le plus important : le rugby.

YB

France-Galles demi-finale Coupe du monde Eden park

La joie des joueurs français au coup de sifflet final

On ne retiendra donc que la victoire de l’équipe de France dans cette première demi-finale du mondial néo-zélandais. La peur de perdre a paralysé toutes les intentions de jeu des Bleus pendant 60 minutes et a bien failli offrir la victoire à de valeureux Gallois. Sans une défaillance généralisée de leurs buteurs (Hook, Jones puis Halfpenny), les diables rouges auraient pu aller en finale.

D’ailleurs les joueurs et le staff ne fanfaronnaient pas vraiment après le match. Thierry Dusautoir avouait : “je suis conscient de ce que l’on a produit aujourd’hui (samedi). On est chanceux. On n’a peut-être pas beaucoup de talent. Mais on a du coeur.”

Marc Lièvremont ne voulait parler que de la qualification : “Pfff, je vais vous dire un truc : je m’en fous complètement que le match n’ait pas été beau, qu’on ait eu de la réussite. Peut-être que les Gallois le méritaient plus que nous. Mais nous sommes en finale et c’est tout ce qui compte. Si on doit être champions du monde en produisant le même rugby, on sera champions du monde avec le même rugby.”

Car la finalité d’une Coupe du monde est bien de la gagner, peu importe la manière. La France  a tellement souvent joué les beaux perdants, à coup d’exploits sans lendemain et de matches d’anthologie, qu’il convient aujourd’hui de se réjouir d’une qualification en finale, même acquise sans la manière. Ce type de match aidera sans doute aussi à ne pas tomber dans l’euphorie et à préparer la finale de manière sérieuse. Il paraît d’ailleurs que c’est la marque des grandes équipes : savoir gagner sans briller.

Reste que comme de nombreux amoureux du rugby, j’ai été déçu par la performance des Bleus, non dans l’absolu, mais surtout compte tenu de la physionomie du match (expulsion de Warburton dès la 20ème minute de jeu). Et j’ai du mal à me faire à l’idée d’une équipe de France devenue l’Italie du rugby. Une équipe de gestionnaire, solidaire mais dont la pauvreté du jeu est consternante à ce niveau et ce même lorsque les conditions sont favorables. Et honnêtement je ne vois pas comment on pourra gagner la finale en jouant aussi peu. Il faudra bien tenter, pousser, aller de l’avant pour être champion du Monde. Jacques, supporter français, confirme : “on n’aura pas autant de coups de pouce du destin deux fois d’affilée. La finale il faudra aller se la chercher !”

Les nombreux supporters rassemblés dans le centre d’Auckland samedi soir n’avaient qu’une hâte, l’autre demi-finale entre les All Blacks et l’Australie. D’abord pour voir un meilleur match de rugby mais surtout pour connaître l’adversaire des Bleus en finale. En espérant évidemment une confrontation Nouvelle-Zélande – France dimanche prochain.

YB

La Coupe du Monde a véritablement commencé ce weekend avec les quarts de finale et notamment la victoire de l’équipe de France face à l’Angleterre. On aura donc Galles – France et Nouvelle-Zélande – Australie en demi-finales, c’est à dire le même carré qu’en 1987 mais dans le désordre !

Le Nord nous régale
Et l’équipe de France se réveilla… Dans une ambiance magnifique à l’Eden Park d’Auckland, les Bleus se sont rachetés de leur piètre début de compétition en battant les Anglais grâce à un match plein, surpassant leur adversaire du jour dans l’engagement physique et dans l’envie (19-12).  Dans le sillage d’une grande troisième-ligne et avec deux beaux essais de Vincent Clerc et Maxime Médard, l’équipe de France s’est totalement retrouvée au meilleur des moments.

Les 17000 supporters français présents au stade étaient aux anges à la fin du match, en totale communion avec leur équipe. D’abord parce que “ça fait toujours plaisir de battre les Anglais, qui plus est en Coupe du Monde” comme me le confiait après le match mon voisin du soir. Ensuite parce que ça nous a épargné le sempiternel “Swing low, sweet chariot” durant le match. “Chariot” qui était bien là pour ramener les Anglais à la maison comme le dit la chanson. Enfin parce qu’une magnifique demi-finale s’annonce face aux Gallois, très ouverte et pleine de promesses entre deux équipes qui ne fermeront sans doute pas le jeu. Les coéquipiers de Thierry Dusautoir nous jurent que ce n’est que le début d’une très belle aventure et qu’ils sont décidés à ne pas s’arrêter en si bon chemin. On a envie de les croire !

Supporters français à l'Eden Park lors de France - Angleterre

La joie des supporters français au coup de sifflet final à l'Eden Park après France - Angleterre.

Il faudra pour cela passer l’obstacle gallois, l’équipe en forme du moment. Ils l’ont encore montré face aux Irlandais en pratiquant un superbe rugby malgré la pluie de Wellignton pour une victoire 22 à 10. L’équipe de Warren Gatland, qui s’est préparée comme jamais, maîtrise parfaitement son jeu et est prête à relever le défi français. Les supporters gallois que j’ai pu croiser samedi soir ont foi en leur jeune équipe mais se méfient des Bleus. Gareth espère ainsi que les joueurs français seront “dans un mauvais jour, car sinon ce sera extrêmement difficile de les battre. Mais le match est très ouvert et on sera content de faire la fête avec vous après, quoi qu’il arrive.”

Le Sud nous endort
Les autres quarts de finale, qui mettaient au prise les nations du Sud, ont été beaucoup moins intéressants dimanche.

Alors que tout le monde attendait cet Australie-Afrique du Sud, on a assisté à un match très fermé où le combat l’a emporté sur le jeu et où Mr Lawrence s’est particulièrement distingué par son arbitrage pour le moins étrange. Les supporters sud-africains étaient d’ailleurs en colère après le match, accusant l’arbitre néo-zélandais d’avoir volé leur équipe en ne sifflant pas plusieurs pénalités flagrantes en faveur de l’Afrique du Sud. Les Australiens se qualifient donc in extremis (11-9) et auront le droit de défier les néo-zélandais en demi-finale à Auckland. La récupération sera sans nul doute un facteur clé pour les Wallabies après leur débauche d’énergie défensive du weekend.

Quant aux All-Blacks, ils se sont qualifiés sans surprise face aux argentins (33-10) mais sans vraiment convaincre. Face à des Pumas valeureux et accrocheurs comme à leur habitude, les All Blacks ont peiné pour trouver la faille avant de conclure le score en fin de match. Ils ont pu se reposer sur la botte de Weepu qui a véritablement pris les commandes du jeu de son équipe.  Entre un McCaw pas à 100%, la blessure de Carter et maintenant de son remplacent Colin Slade, la Nouvelle-Zélande devra resserrer les rangs pour battre les Wallabies et accéder à la finale. Les Argentins n’ont pas démérité et ont offert une sortie digne à certains de leurs cadres pour qui c’était certainement le dernier match (Ledesma, Scelzo, Contepomi ?).

Comme à chaque Coupe du Monde, les surprises, les blessures, les retournements de situation et la pression des matches couperets  ajoutent un peu de piment aux phases finales. Avec cet année encore deux demi-finales très ouvertes, pour le plus grand bonheur des amoureux du rugby.

YB

Comme souvent au printemps, il pleut sur Auckland en ce dimanche d’octobre. Peut-être les Dieux du rugby qui pleurent la blessure de Dan Carter ? La nouvelle est tombée ce matin à 9 heures. Le maître à jouer des Blacks s’est blessé à l’adducteur gauche hier à l’entraînement et ne participera pas à la fin du mondial avec ses coéquipiers. Triste nouvelle pour tous les amoureux du rugby tant ce joueur représente la classe et le talent à l’état pur.

Dan Carter blessure Coupe du Monde 2011

Dan Carter ne rejouera plus dans cette Coupe du Monde 2011 - Photo Getty images

Le destin est cruel pour l’enfant chéri du rugby néo-zélandais. Lui qui souffrait déjà d’une cheville en 2007 , ce qui l’avait empêché d’être à 100% lors du quart de finale face à la France, voit une nouvelle fois son rêve de Coupe du Monde se briser. Privé de Coupe du monde dans son pays alors qu’il était dans une forme éblouissante depuis le début du tournoi (notamment face à la France le 24 septembre dernier). Graham Henry, l’entraîneur néo-zélandais, s’est dit “dévasté” pour son joueur tout en précisant qu’il fallait avancer. Il a d’ailleurs tout de suite appelé Aaron Cruden pour le remplacer numériquement dans le groupe.

Les All Blacks seront sans doute très affectés par cette blessure mais cet épreuve pourrait les souder encore plus. Il y a dans cette équipe assez de qualité et de leaders pour garder le cap et aller chercher le titre dans 4 semaines. D’autant plus que les autres équipes prétendantes au titre n’ont pas montré de grandes dispositions lors des phases de poule, à l’image de l’Australie et de l’Afrique du Sud. Les supporters néo-zélandais y croient d’ailleurs toujours puisque 73% d’entre eux sont confiants quant à une victoire des All Blacks même sans Dan Carter pour conduire le jeu (source : sondage online NZ Herald).

Triste dimanche aussi pour les supporters français qui ont assisté hier à Wellington à la défaite de l’équipe de France face aux Tongiens (19-14). Au-delà de la production médiocre des français, il était frappant de voir le manque d’envie et même de joie de jouer ensemble des Bleus. On aurait dit qu’ils étaient tristes d’être là, comme si jouer un match de Coupe du Monde était une sorte de punition. Le contraste était d’ailleurs saisissant avec une équipe du Tonga enthousiaste et solidaire, s’embrassant et se congratulant notamment sur les dernières mêlées du match.

On ne retiendra donc que la qualification pour un quart de finale face à l’Angleterre qui était l’objectif minimum de l’équipe en arrivant en Nouvelle-Zélande. Et les supporters présents en Nouvelle-Zélande continueront de supporter les Bleus, moi le premier. Pourtant le scénario laisse vraiment à désirer et l’équipe de france, c’est peu de le dire, ne fait plus rêver grand monde. On se consolera en disant que la fameuse imprévisibilité des Bleus pourrait leur permettre de battre les Anglais la semaine prochaine. Mais ça n’effacera pas ce début de mondial très décevant tant en termes de jeu que de comportement sur le terrain. Marc Lièvremont semble d’ailleurs dépité et impuissant face à des joueurs qui n’ont plus de solutions pour avancer. Il faudra pourtant bien en trouver d’ici samedi prochain pour au moins ne pas être ridicule face à notre meilleur ennemi anglais.

Mais comment expliquer une telle situation pour cette équipe et le rugby français en général ? Les articles de Michel Desfontaines sur Nice rugby et celui d’Olivier Villepreux sur Contre Pied tentent d’apporter un début de réponse et synthétisent assez bien à mon sens le mal français actuel même si ça n’explique pas tout.

YB

Si vous suivez un peu cette Coupe du monde, vous avez sûrement entendu parler de Takapuna. Ce petit coin résidentiel au Nord d’Auckland, de l’autre côté du Harbour bridge, est le camp de base des Bleus depuis le début du mondial. Ce mardi 27 septembre avait lieu leur dernier entraînement public. L’occasion d’approcher les joueurs et de les voir répéter quelques gammes avant le match de samedi face aux Iles Tonga.

Disponibles et détendus, loin des polémiques faisant état de tensions au sein du groupe, les joueurs ont semblé apprécier le soutien populaire des quelques 300 supporters qui étaient venus les applaudir. Entre les photos souvenirs (voir quelques bises pour les filles) avec les joueurs et la chasse aux autographes pour décorer ballons, maillots et t-shirts, l’ambiance était résolument bon enfant.

Côté terrain, on a senti les joueurs concentrés avec la volonté de beaucoup se parler entre les séquences. Le capitaine Dusautoir s’est entretenu avec Marc Lièvremont, Didier Retière et David Ellis juste après la séance. Quant à Médard, Clerc et Palisson, ils ont échangé leurs idées avec Emile N’Tamack en vue du l’affrontement de ce weekend.

Les Bleus vont maintenant pouvoir se concentrer sur leur dernier match de poule qui devrait les conduire en quart de finale si tout va bien. Ils pourront sans aucun doute compter sur un fort soutien français dans la capitale Wellington où de nombreux supporters les attendent déjà.

YB

Merci à Julien Spahn pour les photos !

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